TRAIL ET ULTRA PASSION!

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La Saintélyon 2005!

Classé dans : RECITS! — 3 décembre, 2005 @ 2:23

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La Saintélyon 2005 Mon premier ultra!

Tout commence en août 2005, je viens de voir passer Amibugs sous ma fenêtre pour l’UTMB 2005!
Je lis la joie sur son visage et celui des autres concurrents qui passent par là après 10km de course.

Pourquoi tant de monde, de spectateurs, de bénévoles, d’applaudissements….de frénésies?
Je dois vivre une grande course pour comprendre et ressentir cette émotion de l’intérieur.

J’ai donc décidé de me mettre à la course à pied début septembre avec comme objectif premier de courir la Saintélyon 2005 m’évaluer un peu aussi!

Début de 3 mois d’entraînement à raison de 5 à 7 entraînements par semaine comprenant 3 séances de CAP (route,chemin..) 1 séance de piscine, 1 séance longue ou courte fractionné, 1 séance longue et dénivelé.
Mon niveau de départ était relativement faible (je déteste, enfin je détestais courir…) mais je possédais un petit fond!
En 5 semaines, je progresse très vite grâce à un mot que je gardais en tête venant d’Amibugs :  » se faire plaisir « ! Auquel je rajoutais  » diversité dans l’entraînement « ! Ce faire plaisir sans jamais se forcer, varier les efforts et les entraînements, changer d’activités…..
Mais voila, une première blessure et patatrac…15 jours d’arrêts!
Reprise 2 jours et repatatrac…15 jours d’arrêts!Sans compter la morsure d’un chien pendant une CO ! Mais le moral est là et pas question d’abandonner, il me reste 3 semaines environ pour reprendre la forme.
3 semaines avec beaucoup de neige, de vent, de froid parfois (-4 °c) et de nuit a la frontale!
Je finis par un dernier entraînement de 31 Km et 400m de D+ en une seule côte. Je peaufine mon hydratation, mon alimentation, mon éclairage et autres détails…

Nous sommes le samedi 3 décembre 2005 et je récupère mon coach et oncle en même temps  » Amibugs « .Mon beau-frère nous emmène en voiture à Saint Etienne .On arrive vers 22h30 et là déjà, je vois le monde qui va courir avec nous!Des gens comme nous, assis partout dans la salle, par terre, dans les passages, sur un élévateur resté là, devant les toilettes.

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On s’enjambe,on se croise, on se bouscule. Les coureurs et coureuses se passent du NOK, des crèmes, s’apprêtent comme nous.Ca discute techniques, chaussures, vitesse, chrono, boisson…nous un peu aussi quand même, mais pas de chrono!

On se déplace vers le départ 15mn avant et là les 200 premiers mètres sont déjà occupés!On se met à la queue comme tout le monde, sauf un qui bouscule sans aucune forme de politesse sur 2m pour se placer juste devant nous. Quelques minutes plus tard, derrière nous encore plus de gens.
Le Départ se fait entendre, enfin non!On entend rien mais les gens partent, on se dit on va les suivre…Le périple commence pour moi et mon binôme (lui 3eme Saintélyon, 2 UTMB et nombreuses autres courses..).

On cours dans la zone industriel, mais je regarde surtout les autres concurrents devant et derrière. La chenille s’allonge petit à petit!C’est chouette a voir!
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La première montée sur route arrive avec en haut son ravitaillement. On se la fait en courant tranquille et certains marchent A Sorbier, on prend moins de 2 mn de pause, on ravitaille la bête! On repart sur un tapis de gobelets proprement balancés dans la nature…
On prend de la hauteur, avec ce monde je me sens des ailes, mais mon binôme me contient!  Y ‘en reste encore à faire, il a raison.
En arrivant sur les hauteurs, presque pas de vent, pas froid si on cours et surtout vu d’enfer sur la vallée proche, lumières des villes et surtout serpentins des frontales devant et derrière.
Le corps va bien et le cœur au ralenti, on discute, je questionne sur tout et rien mon binôme. On place quelques petits mots à d’autres concurrents. Mais l’ambulance est déjà là pour une entorse de la cheville je suppose. Une descente sur terre ferme mais humide couverte de cailloux plus ou moins gros, et surtout instables. On doit se méfier et ne pas courir dans les pieds d’un autres car pas de visibilités .On ralenti un peu, je sors mon arme magique, une lampe torche light et miniature très puissante, la largeur de la paume de la mains mais éclairant un max. J’irradies le sol de lumière pour nous et les 30m devant!On se croirait en plein jour!Les concurrents se retournent pour voir d’ou ça viens.

Amibugs a des soucis de digestion, zut alors il commence vraiment à souffrir, je le vois sur son visage. Pas bon signe!
On alterne course et marche sportive dans les montées, on assure dans les descentes. Son mal ne passe pas et il se force au ravito 2 de St Christo.
Il boit et grignote un petit peu .Beaucoup de monde encore et ces satanés gobelets!
Moi, je m’hydrate avec mon camelbak toute les 10mn, je mange un gel ou barre toutes les 30mn a 1h.Mais je consomme léger sur les points de ravitaillements.
On repars entre le 2 et 3ème ravito, alternance de chemin rapide et route. Je me rends compte que j’apprécie le goudron de temps en temps car il permet de reprendre un rythme homogène et d’allonger la foulée sans risque. C’est marrant, car on double dans les cotes mais ils nous doublent dans les descentes, certains dans le noir complet!La colonne est assez dense, suffisante pour se gêner dans les descentes.

 

Amibugs souffre et il doit se dire que nous arrivons vers le Moreau au km 22 et que c’est que le début. Je le questionne encore et encore, demande les pulses et la vitesse sur son GPS.
frontale.jpg
On arrive sur le ravitaillement 3, je ne me souviens pas de celui-ci, d’ailleurs je me suis plus focalisé sur mes sensations, que sur l’itinéraire et les ravitaillements. J’avale toujours un thé chaud, un vers d’eau, 2ou 3 TUC et une pâte de fruit, puis malgré cela je prend soin de déposer mon gobelet dans un sac poubelle (bon c’est vrai que je ne suis pas une fusée!)
C’est repartis doucement, j’ai froid et a deux doigts de me couvrir car je suis humide et la le vent me gêne. Je baisse d’un cran  mon bonnet au plus bas sur les oreilles! Toujours de bonnes sensations, ça va, mais cette distance je la connais. J’attends la suite.
La suite arrive toujours, le temps passe normalement pour moi jusqu’au ravitaillement de  Sainte Catherine. Je me nourris encore un peu et la stupeur, je découvre, enfin je crois voir un panneau Sainte Catherine KM 39.Je me demande si j’ai fais 39km ou il reste 39km.
Pas pareil l’affaire, alors je me dis déjà 39!!!Mais la le GPS dit qu’on a fait environ 30km, je doute de ça précision!Mais celui ci a déjà été éprouvé par son propriétaire sur d’autres courses.
J’en déduis que vu l’horaire ça devait être ça!C’est pas grave je reprend du peps, la patate quoi! Je suis toujours mon plan Hydra-alim parfaitement. 
 La course reprend et on trottine et marche en alternance toujours dans les bois très sympa d’ailleurs. Parfois étroit, le chemin nécessite d’être bien éclairé pour doubler sur les bas cotés. Un coureur trébuche et se tord la cheville, il sautille et on lui demande si  ça roule, il répond en sautillant  » ça va « .Un autre plus bas se tiens à un arbre en vacillant, ça va pas très bien dans le coin!
Mon coach glisse, trébuche et part à la renverse en avant!On est plusieurs à intervenir pour savoir si ça va?
Il répond ça va, mais il résorbe du ventre depuis 20km, mais il continue toujours. On est 2, on arrivera tous les 2 ou aucun des deux.
  

Les chemins de terre glissent modérément mais permettent d’aller vite quand même. Toujours des cailloux ronds qui sont instables,  des racines qui dépassent juste comme il faut et quelques flaques de boues qui font des pâtés sous les chaussures. C’est sympa car les gens parfois préviennent les suivants des obstacles .Et moi j’éclaire toujours 30m devant donc 3 à 4 coureurs en plus de nous. Je laisse Amibugs juste devant pour profiter du faisceau. Je retourne parfois ma lampe pour les concurrents derrières ou simplement pour voir les déchets laissés par les bougres qui nous précèdent!Si j’en chope un, je lui fais m…. son papier!Ravitaillement de Saint Genoux, si je me souviens, celui dans la tente au pied d’une cote ou celui après un très raide passage en cote goudronnée?
La on se bouscule car la tente est étroite et en cul de sac. Les gens entrent et son bloqués par ceux qui arrivent derrière… la galère!Nous on entre et on prend, puis on s’abrite du vent derrière la tente, mais ça caille drôlement .Les sensations sont très bonne mais mon coéquipier s’alimente peu et boit peu ce qui est risqué je pense, mais quand ça passe pas, ça passe pas, non? 
 On repart au pas dans le chemin montant mais on double quand même des gens. On marche un peu sur le plat en haut et on retrottine, là ça fait déjà un bout de Km qu’il marche au mentale et j’essaye un peu de le motiver sans être trop lourd.
L’avant dernier ravitos est en vu au bout de la rue goudronnée du village. Moins de monde et de la place pour nous sans bousculade.
Mais malheur, plus d’eau alors on en cherche dans les WC pour mon Camelbak. J’y mélange une dose de poudre de perlimpinpin…Punchpower.
  

Là ça va vraiment plus pour lui à 2 doigts d’abandonner après 40km de souffrance. Mais après ma proposition de voir un médecin, il dit non et repart. Je veux l’alléger mais refuse toujours, mais son visage reprend vie et quelques paroles peuvent me faire penser qu’on ira au bout… ensemble. On avance petit à petit. Il me propose plusieurs fois d’ y aller seul et je refuse à chaque fois .Je veux arriver au bout et je suis pas à l’abris de faire une erreur de course. Doucement mais sûrement et je veux le faire avec lui. Mais il me redit  » va y « , et je lui demande si il va abandonner si je pars .Il répond  » je finirai à genoux ou en rampant si il le faut mais j’irai au bout « .  J’ai confiance, je le sens sur son visage, et il a l’expérience de l’ultra!Il me dit que ça reviendra. Je décide d’y aller avec son accord. Reste plus de 20km en solo.Ma deuxième partis de course se passe de la manière suivante: « A fond ! »
Je me sens très bien et tente une course rapide de plus de 20km!On verra, mais je sais que ça ira. J’allonge la foulée, je suis plus souple sur les appuis afin de limiter les coups dans les articulations des hanches. Je parcours 1 puis 2 puis 10km à un rythme rapide ne laissant pas de place à l’erreur de respiration. Je double, je double sur les plats, dans les descentes et dans les montées. 
 

Je me sens toujours bien. Je sympathise avec un gars de mon age 2 ou 3km ou on se suit dans les chemins. Je lui demande comment est la suite: route, montée…?
Il me réponds que la ça descend mais que après le dernier ravitaillement, il reste 11km dont une cote d’enfer…il n’aura pas tord!
  Je trace encore, je laisse ma torche allumé même sur la route, histoire de voir les trous…au cas ou!Mais le jour se lève. Je vois le ravitaillement dans la petite salle. Peu de gens sur place, une vingtaine dont peu bougent. Je décide de le sauter, enfin juste un verre de thé et une pâte de fruit à la volée. Je passe en 30s.Je traverse la route et je vois la cote, la fameuse! En effet je n’aimerais pas faire de démarrage en cote en voiture ici!
Personne ne cours, moi non plus mais je mets le paquet en marche sportive, et je passe des concurrents. J’avale un gel d’extraterrestre et 3 gorgées de boissons. La montée infernale continue et ne semble pas vouloir se calmer, ça monte encore. Le jour est la mais pas
beaucoup de piétons dans les rues.
  

Ca y est ! Je crois que je suis au bout, je souffle de manière rythmée, j’allonge encore.AH ! La descente arrive. Je cours dans la petite rue et une odeur de pain chaud me pénètre le corps…hum! C’est la fameuse boulangerie que m’avait dis Amibugs!
C’est tentant de s’y arrêter, mais je ne suis pas loin de l’arrivée. Un peu plus de 6km.Deja 62km ! Les panneaux me paraissent vachement espacés!
  J’attaque la dernière descente à une vitesse correcte mais très souple, ça claque dans les genoux. Voila quelques marches que je fais une à une rapidement. Un homme se tiens à la rambarde et étire un quadriceps. Ce qui me fait penser aux miens à droite. Je ne sais pas
si celui ci tiendra jusqu’au bout sans bloquer. Je change de foulée afin de le soulager.
Me voila à passer la dernière route, aidé par un policier qui bloque la circulation. Je passe le premier pont dans la ville et la, taquet du vent sur le visage et le corps!Je tourne à droite et rejoint les quais, le vent est fort et maintenant de face.
  

La commence un long périple sur les berges. Le vent nous retiens et le KM ne passent pas vite même si mes pas sont 2 fois plus grands que ceux des autres. Une usine à gauche et des péniches à droite, je passe sous un pont métallique.Ca descend un peu et je croise
un sans abris sympa qui m’encourage…trop top. Je vois le bout du quai ou se rejoigne les 2 fleuves…aie, aie!Apparemment il faut repartir dans l’autre sens sur 500m et reprendre un pont afin de gagner la rive de Gerland.
  A ce moment on voit les autres concurrents en face et dans l’autre sens .A partir de la, je suppose 2 Km avant l’arrivée j’alterne
200 à 300m de course rapide et 50m de marche rapide et ce jusqu’au bout. Je vois toujours pas l’arrivée car je connais pas le lieu, un coureur m’encourage en passant « Aller camarade, c’est la fin « 
  Ca tourne une dernière fois à gauche et je vois le portique gonflable, j’accélère et double encore, j’accélère et passe même ma femme qui voulait me photographier mais qui me loupe. Mon beau-frère me poursuit appareil en main, mais je ne m’arrêterais pas!
Je passe sur le tapis électronique  » Bip, Bip « , que je prends soin d’écouter que je ne sois pas oublié!
La ligne est là, on me félicite et on me propose mon tee-shirt « finisher » que je prends avec plaisir » 
Ca tourne une dernière fois à gauche et je vois le portique gonflable, j’accélère et double encore, j’accélère et passe même ma femme qui voulait me photographier mais qui me loupe. Mon beau-frère me poursuit appareil en main, mais je ne m’arrêterais pas!Je passe sur le tapis électronique  » Bip, Bip « , que je prends soin d’écouter que je ne sois pas oublié!La ligne est là, on me félicite et on me propose mon tee-shirt « finisher » que je prends avec plaisir » Ouah! C’est classe, je suis heureux, mal nul part!C’est vraiment le top. En clair je suis fier de moi tout simplement!

Ca tourne une dernière fois à gauche et je vois le portique gonflable, j’accélère et double encore, j’accélère et passe même ma femme qui voulait me photographier mais qui me loupe. Mon beau-frère me poursuit appareil en main, mais je ne m’arrêterais pas!Je passe sur le tapis électronique  » Bip, Bip « , que je prends soin d’écouter que je ne sois pas oublié!La ligne est là, on me félicite et on me propose mon tee-shirt « finisher » que je prends avec plaisir » Ouah! C’est classe, je suis heureux, mal nul part!C’est vraiment le top. En clair je suis fier de moi tout simplement!Mon coach, après 45km de souffrances arrive quelques minutes après un retour de forme comme il me l’avait dis.
Merci à mon Oncle, à Amibugs et à mon coach qui est une unique et même personne, pour la découverte de cette épreuve.
Merci aux bénévoles super sympa avec nous. Merci aux autres concurrents de m’avoir laissé passer…Vivement 2006 pour un chrono !
Cette course je la dédie à mon frère CEDRIC.

Ca tourne une dernière fois à gauche et je vois le portique gonflable, j’accélère et double encore, j’accélère et passe même ma femme qui voulait me photographier mais qui me loupe. Mon beau-frère me poursuit appareil en main, mais je ne m’arrêterais pas!Je passe sur le tapis électronique  » Bip, Bip « , que je prends soin d’écouter que je ne sois pas oublié!La ligne est là, on me félicite et on me propose mon tee-shirt « finisher » que je prends avec plaisir » Ouah! C’est classe, je suis heureux, mal nul part!C’est vraiment le top. En clair je suis fier de moi tout simplement!Mon coach, après 45km de souffrances arrive quelques minutes après un retour de forme comme il me l’avait dis.Merci à mon Oncle, à Amibugs et à mon coach qui est une unique et même personne, pour la découverte de cette épreuve.Merci aux bénévoles super sympa avec nous. Merci aux autres concurrents de m’avoir laissé passer…Vivement 2006 pour un chrono !Cette course je la dédie à mon frère CEDRIC.

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